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Selon les peuples germaniques, notre monde fut créer à partir du Ginnungagap, « le gouffre béant ». Il s’agissait en effet d’un néant originel situé entre le royaume ardent, le Muspelheim au sud et celui des glaces, le Niflheim au nord. Douze torrents glacés du nord s’y engouffrèrent et y gelèrent bientôt suivis par les étincelles du sud qui firent fondre les glaces. De là naquit Ymir, le premier géant des glaces et être décrit comme foncièrement malveillant, et Audhumla (ou Audhumbla qui signifie "richesse de la vache sans corne » ) la vache primitive. De ses pis, coulaient quatre rivières de lait. Cela permis au géant de se nourrir et de grandir. Mais de la sueur des aisselles de ses aisselles naquirent d’autres géants des glaces. Audhumla se nourrissait quant à elle en léchant le givre salé. Mais au fur et à mesure qu’elle léchait, on vit apparaître des cheveux, une tête puis un corps. Ainsi, apparut Buri (« le créateur »), premier dieu qui eut un fils : Bor. Celui-ci épousa Bestla, fille d’un géant des glaces et eut trois fils: Odin, Vili et Ve.
ci-dessus: Audhumla nourrissant Ymir, manuscrit Islandais du XVIIIeme siècle
ci-dessous: Audhumla nourrissant Ymir et liberant Bor, peinture du danois N-A. Abilgaard XVIII s.

Ainsi, dieux et géants et géants des glaces étaient de la même famille. Pourtant, il naquis des animosités entre eux. De plus en plus agacés par la brutalité du géant de glace et de sa pullulante famille, les trois fils de Bor prirent les armes et tuèrent Ymir. Lui tranchant la tête ils noyèrent l’armée des géant dans le flot de sang qui en jaillit. Seuls Belgemir,fils de Thrudgelmir et son épouse y échappèrent en se réfugiant à bord d’un tronc creux. Ces deux êtres devaient perpétuer la race des géants, ennemis éternels des dieux, qui devaient venger la mort d’Ymir lors du Ragnarok.
Mais Odin, Vili et Vel, jetèrent ensuite le cadavre d’Ymir dans le Ginnungagap et le façonnèrent de sorte à créer le Midgard, la demeure du milieu soit notre monde. Sa chair devint la terre, ses os non brisés se changèrent en montagne, ses mâchoires et ses dents devinrent des pierres et des rochers, ses cheveux furent les arbres et son sang emplit le lit des rivières et forma les lacs et les mers (n’oublions pas qu’il s’agissait d’un géant de glace). Son crâne soutenue par quatre nains disposés à chaque point cardinaux (Austri à l’Est, Vestris à l’Ouest, Nordri au Nord et Sudri au Sud ), devint le ciel sur lequel on accrocha des étincelles pour le soleil, la lune et les étoiles. Les deux premier astres furent chacun placé sur un char tiré par des chevaux. Des mors du cheval de la lune tombe de l’écume qui arrivée sur terre forme la rosé. Les chars sont poursuivis par deux loups géants : Hati (la haine) et Skoll (la répulsion) qui chasseront ainsi leurs proie jusqu’au jour du ragnarok où Skoll dévorera le soleil.
ci-dessus à gauche : Ymir tué par les fils de Bor par Froelich 1820-1905
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a gauche: faune vivant dans l'Yggdrasil, manuscrit Islandais du XVIII siècle
a droite : Bifrost par Alan Lee 1984
ci-dessous: Yggdrasil, copie d'une sculpture sur bois VIII siècle

La vision du monde par les peuples germanique plaçait un immense frêne en son centre. Il s’agissait du pilier cosmique Yggdrasil (approximativement « atroce mont »). L’arbre dominais et soutenais les neuf mondes et les deux puits. Il possédait trois racines principales, l’une menait près du puit de la sagesse garder par la tête tranché du dieu Mimir en Jotunheim la terre des géants de glace. La seconde aboutissait à Niflheim près des sources de Hvergelmir où vivait le terrifiant Nidhogg (qui frappe avec sa haine) qui mâchonnait inlassablement le frêne cosmique. La dernière descendait en Asgar, la demeure des Ases sous le puit d’Urd. Chaque jours les trois nornes, Urd, Skuld et Verdande tiraient l’eau du puit et la mélangeait à la terre pour empêcher l’écorce d’Yggdrasil de pourrir. Mais ses branches et d’autres racines menaient également sur les sept autres mondes : Le Nidavellir (« champs sombres ») où vivaient les nains, le Helheim(« demeure de Hel ») monde des morts naturels dirigée par la terrible Hel, le Muspelheim (« terre de désolation ») la terre de feu au sud des monde dirigé par le géant Surt, le Niflheim (« demeure du brouillard« ) la région des glace opposée au Muspelheim, le Vanaheim où vivaient les dieux Vanes. Et enfin, le Midgar (« enceinte du milieu ») où vivent les hommes. Il était entouré d’une mer primitive où vivait le serpent Jormungand ennemie de Thor. Ce monde était relié à la demeure des dieux par le Bifrost, l’arc en ciel qui formait un pont traversant l’Yggdrasil et reliant ainsi les deux mondes. Il était dit que les dieux l’avaient créé à partir de trois rayons : le feu rouge, l’eau verte et l’air bleu. Heimdall gardien de dieux en était le protecteur. On rajoute également le Alfheim où vivaient les Alfes (elfes) parfois opposé au Svatalfeim, la demeure des elfes sombres.
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Outre le serpent Niddhogg qui veillait jalousement sur la source originelle, le frêne cosmique était habité par un aigle géant nommé Verdrfölnir qui était perché à son sommet et qui, de ses ailes créait les vents. Entre cet oiseau et le serpent circulait l’écureuil Ratatosk qui allait de l’un à l’autre les dérangeant de ses commérages incessants. On trouvait également un faucon, une chèvre du nom de Heidrun qui vivait près du sommet et se nourrissait des feuilles, un cerf appelé Eikthyrnir qui broutait aussi les rameaux et sur les cornes duquel ruisselait l’eau qui tombant dans Hverglmir (chaudron se trouvant dans le Niflheim). D’autre source mentionne aussi un coq appelé Vidolfnir « le serpent de l’arbre ». |
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Notes
Les géants des glaces personnifiaient les terrifiantes glaces nordiques. Ils soufflaient sur les bourgeons printanier afin de les brûler, provoquaient des avalanches d’un simple haussement d’épaule ou de sourcils.

On raconte qu’Odin se serait pendu aux branches de l’Yggdrasil durant neuf nuit afin d’acquérir la sagesse. C’est pourquoi les vikings établirent un culte autour de ce mythe. Les chercheurs et historiens évoque des pendaisons sacrificielles et rituelles probablement afin de vénéré Odin. Ainsi, l’homme de Tollund, découvert en 1950, conservé dans la tourbe des marais présentait des indices qui ont emmené à déduire qu’il s’agissait d’un prisonnier de guerre sacrifié par pendaison.
Le nom de ces mondes se terminent par le suffixe heim (royaume, monde) ou dans certains cas gard (terre). Dans le deuxième cas, il existe toujours un lieu avec le même nom situé au centre du monde. Les recherches actuelles se basant sur les sources les plus anciennes suggèrent que les neufs mondes avaient tous autrefois un nom en heim (Midgard étant alors appelé Mannheim et Ásgard Godheim). La confusion serait venue de certains auteurs confondant les lieux de certains mondes avec les mondes eux-mêmes.
À l'exception de Midgard (le monde du milieu, des hommes) qui représente l'équilibre, les huit autres mondes peuvent être regroupés par paires de principes opposés.
a droite: illustration du Northerns Antiquities 1847
L’idée de pilier soutenant les mondes est récurrente dans de nombreuses mythologies. Les trois éléments qui reviennent le plus souvent sont la montagne du monde, la colonne de feu et bien sûr l’arbre cosmique tel qu'on a put le retrouver dans les mythes germanique. La colonne est en effet un élément très important de l'architecture qui permet de soutenir l’édifice. Un texte de Vitruve, architecte romain du Ier siècle av. J-C, décrit les premières colonnes comme étant en bois. Dans les croyances d’Asie centrale, l’ascension rituelle est souvent décrite comme la « montée à l’arbre cosmique » dont les sept ou neuf branches symbolisent les différents niveaux de l’univers. Dans la religion hindouiste, le lotus est le berceau de l’univers. Sa tige est l’axe sur lequel repose les mondes. En Amérique du nord, les Kwakiutls de la côte pacifique enveloppaient des poteaux « cannibales », sculptés dans des mâts en cèdre de près de douze mètres, dans de l’écorce de cèdre rouge pour les doter du Nawalak (pouvoir surnaturelle)
L’Yggdrasil est souvent présent dans la littérature. De nombreux auteurs de fantasy mais surtout de science fictions on repris cet emblème comme principe de base des univers qu’ils inventent. C’est également un élément que l’on retrouve dans les jeux vidéos où ses feuilles ont des vertus de guérison. S’il n’est pas forcément un arbre son nom est tout de même apprécié et des unités de combats, des ordinateurs centrals ou des morceau de musique le porte.
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